Babyshambles – Shotter's Nation

Shotter’s Nation marque le Grand Retour d’un Doherty en dérive, incapable de rompre avec ses fâcheuses manies de junkie boy. Après son clash avec Barat & Co, l’effigie rock des années ‘00 revient plus fort, plus haut, plus grave que son Down in Albion poussiéreux et désuet. Le romantisme dohertien danse et valse le long des rails pour gifler le junkie qui hiberne en chacun. Pas ou peu de déchets, de trips incompris ou d’overdoses mortelles, Shotter’s Nation regorge d’imagination, de tube et de génie. L’ensemble dans une production (Stephen Street, producteur de Blur et des Smith) beaucoup plus mature et rigoureuse qui enlève il est vrai, une mesure de folie au son brit rock intouchable.
Doherty n’est pas là pour s’amuser. Poétiquement rock, il arrache de sa main tremblante votre cœur rouge vif, le serre et s’en amuse. Il n’y a plus de frontière entre bonheur et dépression (« Carry on up the Morning »), plus de barrière entre douleur et orgasme (« French Dog Blues »). Juste une putain d’envie de gaspiller sa salive en crachant son lyrisme brûlant. Sans leur histoire, leur passé et leurs (més)aventures, les Babyshambles ne seraient pas. C’est pourquoi un retour aux sources avec « Boggies Baddie » s’imposait. Osons pointer du doigt l’allure Eddy Argos du parlé de Doherty et saluons l’un des titres majeurs d’un Shotter’s Nation impulsif. Sa victoire est là. Dans sa capacité à récupérer la sève vitale d’un groupe, d’un mouvement, d’un style. La pop des Gallagher dans le suave « UnBilo Titled ». La guitare de Lou Reed et la paraphrase de « Fuck Forever  » dans « Unstookie Titled ». Le rythme blues de « There She Goes ». Absolument sensas et spectaculaire. En bonus, un live made in Manchester ultra crade où la voix de Doherty peine à survivre entre le tempo saccadé des cordes et les bruits sourds de la salle. On imagine facilement la scène, au fond d’une salle transpirante, glauque et illuminée par les craquements d’allumettes, avivant une par une une colline verdoyante de joints. Comme une trace de sang infatigable, elle persiste et s’entête. « Delivery » se pose en gardienne des traditions mélodiques de Down in Albion.
https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/81dpzR0z4hL._SL1500_.jpg
Pete Doherty construit pas à pas sa rédemption, déserte les Unes des tabloïds pour partager son exclusif talent de l’écriture et de la composition avec une planète rock en mal de symboles. Un grand album pour un retour réussi.
Source : https://www.albumrock.net/album-babyshambles-shotter-s-nation-2946.html
http://www.deezer.com/fr/album/303099

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *