Justice – Cross ✞

Et voilà le premier album du nouveau duo electro versaillais du moment, paré pour faire vibrer l’été 2007.
Tout d’abord vient un single, l’imparable « D.A.N.C.E », qui a su faire remuer à peu près tout le monde l’été dernier, les djeuns, les plus mûrs, les underground et les autres. Ensuite vient l’album. L’occasion de tester ce nouveau groupe et de s’assurer qu’il n’a pas adopté le mode kleenex qui passera pas l’été … (Très) heureuse surprise ! L’album est cohérent, dansant, riche, recherché, sombre, joyeux, mélancolique, superficiel, profond, un peu torturé parfois mais … tellement frais !! A l’heure où la french touch avait besoin de renouveau, je dis sans hésiter et sans sourciller que ce groupe EST le renouveau ! Malheureusement, Daft Punk a tendance à se faire un peu trop désirer à sortir un album tous les 5 ans et le monde de la musique avait besoin d’eux. Si si !!
« Genesis » est une intro ténébreuse, sombre mais qui n’oublie pas de faire danser avec son beat nonchalant mais efficace, d’une lourdeur enlevée. Le son s’annonce déjà chargé, râpeux, loin de la house lisse et de la variété.
« Let There Be Light » continue sur cette lancée s’envole vers l’electro qui fait danser, vraiment, sur les dancefloors, avec son riff de guitare synthétique hypnotique et rugueux à la fois. On imagine les stroboscopes qui s’excitent au dessus de nos têtes sur la piste. L’évolution est plutôt inattendue, avec le passage final très apaisé, mélancolique, mélodique, juste beau.
Et hop on enchaîne: le single « D.A.N.C.E. » nous fait partir en vrac, avec ses voix si particulières, sa fausse candeur naïve et enfantine, son beat implacable, accrocheur à la première écoute. On en rêve la nuit, ça colle au cerveau: c’est un tube. Pour l’instant tout va très bien.

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« Newjack », par contre, est une déception. Là on lorgne vers la house insipide et creuse. Un espèce de riff funko-groovy agaçant revient sans arrêt nous casser les oreilles. C’est de l’electro bling-bling … en quand même un peu mieux. C’est quand même plus complexe que ça. Y a un son plus intéressant. Y’a aussi un petit côté hypnotique pas trop déplaisant qui vient apporter un peu d’intérêt à ce morceau.
« Phantom » est un hymne sombre, le cœur lourd et ténébreux. Une espèce de râle obscur envahit tout, on traverse un tunnel. Il fait noir. La déprime un peu morbide, ça arrive après une fête. Pourtant on a toujours envie de danser. On assiste effectivement au passage d’un train fantôme, avancement doucement mais sûrement dans la brume, avec la cheminée qui pétarade.
« Phantom II » est la suite logique du précédent mais plus le train avance et plus le soleil perce au milieu des nuages. Une vapeur enivrante s’empare de la cargaison mortuaire qui finit presque par décoller pour s’envoler. Une touche de ‘psychédélisme’ est à ce moment-là la bienvenue, juste avant que l’on commence à suffoquer dans l’obscurité. Finalement le diptyque dans son ensemble nous conte une belle danse macabre qui continue alors même que le jour se lève.
« Valentine » est une promenade nonchalante, douce-amère, tout en lorgnant vers les ambiances lumineuses du psychédélisme frivole sans rentrer dedans pour de bon. C’est une ballade ensoleillée mais toute en retenue. Après l’obscurité du diptyque Phantom c’est une bonne occasion de reprendre du poil de la bête. Le motif joué par le clavier ferait presque penser à du Supertramp.
« The Party » est symptomatique de l’humeur qui nous habite un dimanche matin, lorsqu’on hésite à rester dans son lit pour cuver les restes de la soirée du samedi et aller courir dans son jardin pour profiter du soleil. En l’occurrence le choix n’est pas fait. A chacun sa préférence, ou l’art et la manière de faire les deux en même temps. La chanteuse Uffie s’occupe des parties vocales.
« DVNO » est la deuxième (et dernière) réelle déception de cet album ; là c’est franchement moche. Désolé je le pense sincèrement ; là on se tourne vers Ibiza et sa soupe technoïde. Sans intérêt. Je n’écoute jamais ce morceau, je le zappe à chaque fois. Beurk. Mais qu’est-ce qui leur a pris de nous pondre un machin pareil ?!
« Stress » est un chef d’œuvre !! Ce titre est violent, strident et agressif. Il est composé d’une espèce de dissonance urbaine répétitive et obsédante qui nous hurle dessus pendant cinq minutes, comme des klaxons de voitures samplés à 200 à l ‘heure comme pour nous mettre la tête dans nos peurs obsessionnelles urbaines les plus vives. Le rythme s’accélère, on est perdus, notre cœur s’emballe. L‘ambiance de crise d’angoisse est recréée d’une manière brute, rarement entendue dans la musique à part chez des groupes comme Einsturzende Neubauten. Rien que ça. Ecoutez.
« Waters Of Nazareth » est une ambiance de fête. Là on peut carrément se lâcher sur le dancefloor, bouger son corps, suer tout ce qu’on a dans les tripes. Le son est toujours rude, Justice ne cherchera jamais le son facile et lisse, même dans ses deux échecs de l’album. Il y a toujours une saturation qui pointe pas si loin.
« One Minute To Midnight » : la conclusion. Elle est intéressante, assez nonchalante. La boucle est bouclée. La musique s’éloigne progressivement. Malheureusement ce morceau ressemble tellement à du Daft Punk (période Homework) qu’on se demande presque s’il n’y a pas eu franchement plagiat.

Je conclurais simplement en disant ceci : très bon !! A écouter pour ceux qui ne l’ont pas encore fait. Un bon album, cohérent, dansant, tout en clair obscur, contrasté dans ses atmosphères avec une vraie recherche de nouvelles ambiances. De l’électro profonde.

Source ; http://www.xsilence.net/disque-6407.htm

http://www.deezer.com/fr/album/6754890

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